Depuis plusieurs années, les populations d’amphibiens traversent à l’échelle mondiale une crise sans précédent.
En moins de 30 ans, plus 120 espèces semblent s’être éteintes et 435 ont fortement régressé. Aujourd’hui, près d’un tiers des 6.000 espèces d’amphibiens recensées dans le monde sont menacées d’extinction.
A titre de comparaison, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre possèdent un niveau de vulnérabilité comparable. Les travaux menés par l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN) ont permis de démontrer que la dégradation des habitats et la surexploitation des amphibiens (pour l’alimentation ou la terrariophilie) ont été responsables de 54 % des déclins observés depuis 1980. Dans les autres cas, aucune cause apparente n’a pu être attribuée, et ces extinctions et chutes de populations sont restées pendant de nombreuses années énigmatiques. En effet, celles-ci se sont principalement produites dans des zones protégées, comme dans les forêts tropicales montagneuses d’Amérique Centrale ou d’Australie, où aucune atteinte à l’environnement n’avait été observée.
Plusieurs de ces « déclins énigmatiques » ont désormais pu être attribués à une maladie infectieuse émergente, la Chytridiomycose, provoquée par le fongus pathogène Batrachochytrium dendrobatidis. La Chytridiomycose est aujourd’hui considérée comme étant la pire maladie infectieuse jamais observée chez des vertébrés, en terme de nombre d’espèces infectées et de tendance à les conduire à l’extinction.
En 2007, une étude, menée par la Zoological Society of London, a révélé que les Grenouilles taureaux introduites en France sont porteuses de ce pathogène. Compte tenu de la présence de cette espèce sur son territoire et de la menace que représente cette maladie sur la batrachofaune française, le Parc naturel régional Périgord-Limousin a mis en place en 2008, en partenariat avec le Laboratoire d’Ecologie Alpine de l’Université de Savoie, un programme d’étude et de surveillance des maladies des amphibiens en France.
Ce programme est soutenu par l’Union Européenne (FEDER Limousin), la Région Limousin et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
1. Définir le rôle de la Grenouille taureau et du Xénope lisse (espèce exotique d’amphibien présente dans le Maine et Loire et les Deux-Sèvres) dans l’introduction et la dissémination de la Chytridiomycose en France.
2. Développer de nouvelles techniques permettant de détecter la présence d’espèces aquatiques (Grenouille taureau, Xénope…) et de pathogènes (e.g. B. dendrobatidis…) dans l’eau.
3. Etudier l’impact de B. dendrobatidis sur les espèces autochtones d’amphibiens (tests d’inoculation en laboratoire).
4. Proposer un protocole d’hygiène visant à limiter les risques de dissémination d’agents infectieux (Chytridiomycose, Ranavirus, parasites…) lors d’intervention en milieu aquatique sur le terrain.
5. Mettre en place un réseau d’épidémio-surveillance sur les maladies des amphibiens en France.
- Laboratoire d’Ecologie Alpine (Pr Claude MIAUD)
- Ecole nationale vétérinaire de Lyon (Pr Marc ARTOIS, Miranda MILLERIOUX)
- Amphibia-Nature (Dr Martin OUELLET - Québec)
- Zoological Society of London (Dr Trent GARNER)
- Parco delta del Pô (Andrea NOFERINI)
- Université de Milan (Dr Francesco FICETOLA)
A l’échelle européenne, un programme de recherche porté par un groupe de 30 scientifiques a vu le jour en 2009 (programme RACE, Risk Assessment of Chytridiomycosis to European Amphibians, 2009-2012, soutenu par l'Union Européenne).
Il a pour objectif d’évaluer le risque que B. dendrobatidis fait encourir aux amphibiens européens, en identifiant les facteurs naturels et anthropogéniques impliqués dans l’émergence de la Chytridiomycose (réchauffement climatique, introduction d’espèces exotiques…).
Les partenaires français impliqués dans ce programme sont le Laboratoire d’Ecologie Alpine de l’Université de Savoie et le laboratoire du CNRS de Moulis.
Le Parc naturel régional Périgord-Limousin est également partenaire de ce programme européen.
Pour plus de détails sur ce programme, n'hésitez pas à contacter Tony Dejean, Chargé de recherche amphibiens, par mail à l'adresse suivante : t.dejean@pnrpl.com
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