La particularité du territoire du Parc Périgord-Limousin est de constituer une zone de partage des eaux entre trois grands bassins hydrographiques : celui de la Loire au nord, de la Charente à l’ouest et de la Dordogne au sud.
Ainsi, les nombreux cours d'eau sillonnant le territoire du Parc, qui découpent des vallées étroites et boisées sur le socle cristallin, larges et ouvertes sur l'assise sédimentaire, ne débouchent pas dans la même direction !
Situé exclusivement en Haute-Vienne, couvre seulement 20% du territoire du Parc. Il appartient au grand bassin de la Loire, et de ce fait la politique de l’eau sur cette partie du territoire du Parc est gérée par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.
A contrario, les bassins versants de la Charente et de la Dordogne, qui couvrent à eux deux 1475 des 1857 km² du territoire du Parc, représentent 80 % du territoire du Parc. La politique de l’eau sur cette partie importante du territoire du Parc est gérée par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, qui est un important partenaire du Parc. Cette partie du territoire du Parc qui appartient au district Adour-garonne se trouve pour un quart en Haute-Vienne, et pour trois-quarts en Dordogne.
Les principaux cours d’eau du bassin de la Loire dans le Parc, qui confluent directement en rive gauche avec la Vienne peu après leur sortie du territoire du Parc, sont :
Tous sont des cours d’eau cristallins, qui devraient présenter les caractéristiques de cours d’eau à truite (dits de première catégorie piscicole), si les étangs artificiels n’étaient pas si nombreux sur leurs bassins versants.
Les principaux cours d’eau de la partie « Adour-Garonne » du Parc sont :
Outre les sources de la Charente (87), La Tardoire (87 + 24 et 16), dont les deux principaux affluents sont la Colle (87) et le Trieux (24). Au sein du territoire du Parc, ces cours d’eau traversent exclusivement des terrains cristallins, et comportent de ce fait eux aussi un nombre extrêmement élevé d’étangs artificiels sur leur chevelu et leur cours principal.
Le Bandiat, partagé entre les départements de Haute-Vienne et Dordogne, avec pour principaux affluents en partie périgourdine du Parc : le Crochet, la Marcourive et la Doue. Le Bandiat prend naissance dans la partie Limousine du territoire du Parc, traverse d’abord des terrains cristallins qui ont permis là encore l’aménagement de très nombreux étangs, puis traverse à partir de Nontron des terrains sédimentaires où il présente une physionomie toute différente.
Ces trois cours d’eau principaux poursuivent leur cours dans le département de la Charente, où les eaux de la Tardoire et du Bandiat vont grossir le fleuve Charente.
Et enfin des rivières plus paisibles, qui traversent essentiellement des terrains sédimentaires moins propices à l’aménagement d’étangs :
L’ensemble de ces rivières du Périgord-Limousin ont fait l’objet, par le passé, d’aménagements importants de leurs cours destinés à permettre l’utilisation de la force hydraulique.
Ainsi, du XIIe au XVIIIe siècle, plusieurs centaines de moulins se sont installés le long des cours d’eau, transformant les produits agricoles (farine, huile de noix), les produits de l’artisanat et les produits inustriels (forges).
Une faible proportion de ces moulins est aujourd’hui encore visible, mais il subsiste nombre d’aménagements de type seuils, biefs et étangs servant à l’accumulation de l’énergie hydraulique sur les petits cours d’eau, qui même s’ils n’ont plus de fonction aujourd’hui, modifient le profil en long naturel des rivières et perturbent le transport des sédiments et la circulation de la faune aquatique.
En dehors des « réserves hydrauliques » associées à ces forges et moulins, de nombreux étangs ont été créés dès l’époque médiévale, avec pour autres fonctions la production de poisson ou la rétention d’eau pour les animaux et l’irrigation des prés et cultures durant les mois les plus secs.
Mais la réelle multiplication des étangs artificiels à usage de loisirs, est un phénomène plus récent, concentré sur les 40 dernières années. Nous avons recensé d’après photographies aériennes qu’en 2001, le territoire du Parc comportait pas moins de 4712 plans d’eau, représentant une superficie en eau totale de 2176 ha, avec une moyenne de 4600 m2 par étang. En moyenne, le nombre actuel de plans d’eau sur chaque petit bassin versant est de plusieurs centaines, et est environ près de 20 fois supérieur au nombre de plans d’eau anciens figurant sur les cartes dites de Cassini. Le réseau hydrographique s’en trouve très fortement modifié, dans sa physionomie, son régime hydrique, sa qualité d’eau et ses équilibres écologiques.