Les nombreux ruisseaux et rivières qui sillonnent le Périgord-Limousin ont permis le développement d’une multitude de zones humides de différents types – avec notamment des différences notables entre celles qui se sont développées sur substrat cristallin et celles qui se sont développées dans les vallées sédimentaires.
Implantées sur les zones de source, en bordure immédiate des cours d’eau, en queue d’étangs ou dans les vallées inondables, ces zones humides sont souvent de petite taille (leur superficie moyenne est de 0,46 ha), mais elles forment tout de même un véritable réseau visible dans le paysage, et qui remplit un rôle fonctionnel fondamental en terme de régulation du débit des cours d’eau et de préservation de la qualité de la ressource en eau.
Ce réseau couvre pratiquement tout le territoire du Parc – avec toutefois une densité logiquement beaucoup plus faible sur la partie sédimentaire. Ces zones humides ont fait l’objet d’un inventaire entre 2004 et 2005, qui a révélé qu’elles couvrent aujourd’hui une superficie totale de 4800 ha (2900 ha en partie Limousine du Parc, et 1900 ha en Aquitaine), soit 2,6 % de la superficie du territoire du Parc, et qu’elles représentent pas moins de 11.000 entités de plus de 1000 m2 distinctes.
On peut logiquement penser que, comme partout ailleurs en France, elles étaient autrefois plus développées, mais qu’elles ont régressé sous l’effet de l’abandon des pratiques traditionnelles d’entretien de l’espace, ou à l’inverse de l’intensification de l’agriculture, des aménagements et en particulier des créations d’étangs qui se sont faites sur des zones humides.
Ces types de milieux tirent leurs spécificités de leur hydromorphie, c’est-à-dire de la présence quasi constante d’eau dans le sol. Cette particularité fait que les végétaux et animaux que l’on peut y trouver sont très spécialisés et parfois très rares. Ainsi, les milieux humides du Périgord-Limousin accueillent des populations de papillons rares et protégées tels que le Cuivré des marais et le Damier de la succise.
Les principaux types de zones humides rencontrés dans le Parc Périgord-Limousin, sont :
et, plus spécifiques à la partie sédimentaire du territoire :
Sur la partie cristalline du territoire, ce sont les milieux tourbeux qui recèlent la biodiversité la plus spécifique. La végétation y a développé des particularités pour lui permettre de vivre dans des milieux engorgés, plus ou moins oxygénés, et souvent plus froids. Les tourbières acides, présentes sur les parties Limousine et Est-Aquitaine du Parc, sont caractérisées par la présence de Sphaignes, végétaux turfigènes (producteurs de tourbe), mais aussi des plantes comme la Drosera, la Linaigrette, ou encore la Gentiane pneumonanthe.
Les prairies humides peuvent aussi abriter des fleurs rares et belles comme ces orchidées : l’Orchis à fleurs lâches, ou encore l’Orchis punaise dont le territoire du Parc abrite l’unique station connue au sein du département de la Haute-Vienne.
Sur la partie sédimentaire du Parc, les prairies humides, souvent pâturées ou fauchées, occupent le large lit majeur des cours d’eau (Nizonne). Dans ces prairies alluviales, au début du printemps, il vous sera possible d’observer une fleur magnifique : la Fritillaire pintade, avec sa fleur en damier rose et blanc. Les roselières sont également présentes en petit nombre, avec la Baldingère comme plante caractéristique. Les mégaphorbiaies, composées de grandes plantes à fleurs comme la Reine des prés, sont particulièrement développées dans nos vallées périgourdines.