On qualifie de "pelouses" les tapis de graminées qui se développent sur les sols pauvres, caillouteux et secs des coteaux calcaires. La végétation basse, voire rase, est souvent plus ou moins envahie par des arbustes épineux, comme le Genévrier «lo genebriaud» (Juniperus communis L.) ou les Prunelliers (Prunus spinosa L. et Prunus mahaleb L.), formant des buissons épars.
On estime la surface en pelouses sur le Parc à environ 530 ha, exclusivement répartis dans la partie sud-ouest du Périgord-Limousin. Localisées en bordure des vallées, comme le long de la Belle et de la Nizonne, elles ponctuent le paysage, annonçant le début du bassin aquitain. Le plateau d'Argentine constitue l’un des plus bel élément de cet ensemble.
On retrouve dans ces milieux une flore diversifiée et originale dont plusieurs espèces méditerranéennes. Un seul mètre carré de pelouse en bon état de conservation, peut accueillir 25 à 30 espèces différentes dont la Sabline des Chaumes (Arenaria controversa) endémique de la France et protégée au niveau national.
Les orchidées figurent parmi les espèces végétales les plus emblématiques de ces milieux. Elles se distinguent des autres familles de plantes à fleurs par un pétale central modifié appelé «labelle», destiné à attirer les insectes pollinisateurs. Parmi les plus communes, on retrouve des Ophrys (Ophrys abeille, mouche, araignée, bécasse, litigieuse, brun…), l’Orchis verdâtre (Platanthera chlorantha), l’Orchis bouc (Himantoglossum hircinum), l’Orchis pyramidale (Anacamptis pyramidalis) et l’Homme-pendu (Aceras anthropophorum)…
Les insectes dont l’activité est strictement dépendante du niveau d’ensoleillement, affectionnent particulièrement ces milieux de pelouses ouvertes. Les groupes des orthoptères (criquets et sauterelles) et des lépidoptères (papillons) comme l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion) protégé au niveau national, sont particulièrement bien représentés.
La Genette «la janeta» (Genetta genetta) et plusieurs espèces de chauves-souris fréquentent également ces pelouses et coteaux calcaires. On observe régulièrement le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) y chasser les reptiles : Coronelle girondine (Coronella girondica), Couleuvre verte et jaune «lo cinglant» (Coluber viridiflavus) ou encore le Lézard ocellé (Lacerta lepida), ici en limite nord de son aire de répartition.
Issus des défrichements à l'époque néolithique et utilisées pendant des siècles comme parcours à moutons, ces milieux sont aujourd’hui très souvent abandonnés. Ils évoluent progressivement, lorsque le sol le permet, en landes puis en boisements secs à chênes pubescents (Quercus pubescens). Cette dynamique forestière marque alors la disparition des espèces végétales et animales strictement inféodées à ces milieux ouverts secs et ensoleillés.