La forêt et l'arbre tiennent une place essentielle dans les paysages du Parc Périgord-Limousin, puisque la forêt y occupe 62.000 ha, soit 34 % du territoire (taux de boisement largement supérieur à la moyenne nationale qui est de 29 %). Ici la forêt habille l'espace, couvre les plus hauts sommets, apparaît dans toute perspective.
Il s'agit majoritairement de forêt feuillue (76 % des peuplements), les peuplements résineux purs occupant 15 % et les mélanges résineux-feuillus 9 %.
Plus précisément, cette forêt est composée de 6 essences principales réparties dans des peuplements variés. Les chênes nobles (chêne pédonculé à 95 % - chêne rouvre pour le reste) couvrent 20 000 ha, soit 32 % de la surface forestière du Parc. Ces espèces locales ont maintenant tendance à être remplacées dans les plantations par le chêne rouge d’Amérique. Le châtaignier, espèce emblématique du Périgord-Limousin et en particulier du Pays des Feuillardiers, est présent sur 48 % de la surface forestière, pour un tiers en taillis simple et pour deux tiers en taillis en mélange avec de la futaie feuillue ou résineuse.
Essence plus méridionale inféodée aux affleurements calcaires du sud-ouest du territoire, le chêne pubescent représente 6,5 % de la superficie forestière, sous forme de taillis simple ou de mélange futaie-taillis.
Autres essences rencontrées, les hêtres, bouleaux, saules et aulnes, minoritaires, sont cantonnés respectivement aux vallons froids, landes, zones humides et bords de rivières, tandis que des plantations de peupliers sont rencontrées dans les vallées alluviales de rivières de la partie sédimentaire du Parc. Les plantations de conifères sont dominées à parts sensiblement égales par le pin maritime, le douglas et le pin sylvestre. Mélèzes, épiceas et sapins sont plus rares.
Une autre particularité de cette forêt est son statut largement privé (à plus de 99 %), avec un caractère morcelé entre une multitude de propriétaires – au total environ 22 000 parmi lesquels 12 000 possèdent moins de 1 ha.
Enfin, les dégâts subis lors de la tempête de décembre 1999 ont marqué l’espace forestier du Périgord-Limousin. Sept ans après, le dégagement des chablis n’est pas terminé et localement, les travaux d’exploitation des bois et les choix de plantation ont changé la physionomie de certains massifs.
Cette forêt omniprésente qui maille le territoire présente, du fait justement de son morcellement, une diversité de peuplements et un linéaire de lisières important, qui sont source de diversité biologique – même si le taillis de châtaignier ou les plantations récentes de résineux sont moins favorables à la diversité biologique que les boisements de pente des gorges ou les massifs anciens tels le bois de Beaussac et la forêt de Rochechouart (dont l’intérêt est la plupart du temps reconnu par l’inscription à l’inventaire des ZNIEFF).
Si l’intérêt botanique des boisements est très cantonné aux bois thermophiles sur calcaire, aux boisements sur éboulis ou aux bois humides (saulaies-aulnaies), la faune profite pleinement du formidable réseau de corridors biologiques offerts par ce maillage boisé qui couvre tout le territoire et qui borde alternativement zones cultivées, prairies, landes, rivières, étangs…Cela est particulièrement vrai pour les mammifères. Nos boisements comptent de nombreux mammifères tels que sanglier, cervidés, martre, blaireau, renard roux, hérisson, écureuil roux, auxquels s’ajoutent des espèces rares comme la genette et plusieurs espèces de chauves-souris forestières qui utilisent entre autres comme gîte les vieux arbres creux. Pour ce qui est des oiseaux, les passereaux forestiers sont nombreux, et on notera dans les espèces plus remarquables la chouette hulotte, le hibou moyen duc, l’autour des palombes, le pic noir… Ces boisements offrent aussi refuge à des amphibiens comme la salamandre, la grenouille rousse, le crapaud sonneur à ventre jaune, et à une multitude d’insectes sont les plus rares sont le lucane cerf-volant et le pique-prune.
Et en plus de cette richesse écologique, la présence dans les sous-bois de champignons constitue une facette très intéressante des forêts du Périgord-Limousin !